Affaire Jubillar : que s'est-il réellement passé le soir de la disparition de Delphine Jubillar ?

Affaire Jubillar : que s’est-il réellement passé le soir de la disparition de Delphine Jubillar ?

 

Affaire Jubillar : que s’est-il réellement passé le soir de la disparition de Delphine Jubillar ?

2000002982373Une photo prise le 17 janvier 2022 montre des bougies et des fleurs devant la maison de Cédric et Delphine Jubillar (portrait) à Cagnac-les-Mines.

Pas de corps, pas de preuve, pas de témoin. Le mari demeure, aux yeux des enquêteurs, le seul suspect digne d’intérêt grâce à une minutieuse accumulation d’indices.

Enquêtes

Après la mise en examen de Cédric Jubillar, les juges d’instruction s’apprêtent à clore l’une des enquêtes les plus intenses et les plus acharnées jamais menées dans l’histoire criminelle française.

Disparition

Celle de la disparition de Delphine Jubillar, qui aura mobilisé des centaines de personnes pour ratisser la région, dans l’espoir de la retrouver.

Soirée

Il va falloir de longs mois aux juges et aux gendarmes pour établir, le plus précisément possible, le déroulé de la soirée et de la nuit de la disparition. Retour à l’hiver 2020. Dans la nuit du 16 au 17 décembre, Cédric Jubillar signale la disparition de sa compagne, Delphine, à la gendarmerie. 

Inquiet

Il apparaît d’abord comme un mari inquiet, même si le couple est au bord de la séparation. Ce jour-là, l’époux a rejoint leur domicile de Cagnac peu avant 19 heures, et Delphine est déjà présente lorsqu’il rentre. Elle est revenue de l’école plus tôt en garant sa voiture dans le sens de la montée. 

Joué

Il raconte avoir joué avec leurs enfants, Louis, 6 ans et Elyah, 18 mois. Après le dîner, durant lequel Delphine aurait été « froide et distante ». Les gendarmes ont observé des connexions informatiques et téléphoniques séparées pour les deux membres du couple.

Site

Lui surfe sur un site de rencontres, tandis qu’elle envoie des messages à Jean, son amant, avec qui elle avait décidé d’emménager.

Chiens

Entre 21 h 30 et 22 h 10, Cédric Jubillar sort promener les deux chiens de la maison, et est aperçu par une voisine, qui décrit un homme pressé. Sur le chemin, son téléphone s’est éteint, une panne de batterie selon le mari, un arrêt volontaire selon les experts.

Message

À 22 h 30, Cédric indique qu’il s’est couché, à 22 h 55, Delphine envoie un dernier message à son amant. Une soirée banale, mais cinq minutes plus tard, le petit Louis dit avoir surpris un début de dispute entre ses parents.

Nuit

Dans la nuit, peu avant 4 heures du matin, Cédric Jubillar indique avoir été réveillé par les pleurs de sa fille avant de remarquer l’absence de sa femme, qu’il tentera de contacter. 

Appels

Au total, pas moins de 189 appels ont été passés depuis l’aube jusqu’en début de matinée. Plus tard, on remarquera que dans la nuit, la voiture de Delphine est stationné dans l’autre sens que celui qu’elle choisissait habituellement.

Reconstitution

Malgré l’emploi du temps précis établis par les enquêteurs, notamment lors de la reconstitution orchestrée le 14 décembre, Delphine Jubillar n’a toujours pas été retrouvée. Sans corps, sans preuves, sans témoins, le seul suspect pour l’heure, son mari, ne cesse de démentir lui avoir fait du mal.

Détails

Alerté par certains détails, comme le sens de la voiture de Delphine par exemple ou l’obsession de Cédric pour les crimes « parfaits », ce dernier est mis en examen depuis deux ans. 

Dossier

Alors que le dossier est sur le point d’être clos par les juges, le mari suspect pourrait être renvoyé devant une Cour d’assises. 

Aveux

Après cinq ans et demi de dénégations, le peintre-plaquiste a finalement reconnu au début de l’été avoir tué son épouse, neuf mois après avoir été condamné, le 17 octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Tarn pour un meurtre qu’il niait encore.

Dispute

Il a avoué à la justice l’avoir étranglée lors d’une dispute survenue dans leur maison de Cagnac-les-Mines (Tarn), la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Il a par la suite indiqué aux enquêteurs avoir caché le corps en bordure d’un champ à une dizaine de kilomètres de leur domicile et des fouilles ont permis d’y découvrir des ossements, dont l’analyse a confirmé qu’il s’agissait bien de ceux de la disparue, une infirmière de 33 ans.

Fouilles

Des fouilles ont repris mercredi matin dans le même secteur pour tenter de retrouver d’autres ossements.

Vendredi, à partir de 09h30, la reconstitution doit d’abord conduire la juge d’instruction et les enquêteurs au domicile des Jubillar, où le mis en cause devra expliquer et montrer in situ comment il a donné la mort à son épouse.

Questions

Il s’agira de tenter de répondre aux questions: « Est-ce qu’il dit vraiment la vérité, quand il dit que la scène s’est passée dans la cuisine, debout ? » et « est-ce que c’est cohérent avec les éléments matériels du dossier ? », a détaillé Mme Ferreira.

Journaliste

Devant la maison inachevée, scène de crime, les broussailles et herbes hautes qui avaient envahi le jardin en contrebas de l’habitation ont été coupées récemment pour faciliter les circulations vendredi, a constaté en début de semaine un journaliste de l’AFP.

Corps

Les enquêteurs prendront ensuite la route pour rejoindre le lieu où M. Jubillar a déclaré avoir caché le corps de Delphine Aussaguel, une parcelle de champ située sur la commune de Mailhoc. Il a affirmé qu’il s’était souvenu la nuit du meurtre avoir aperçu « dans le cadre d’un chantier », « des monticules de terreau » à cet endroit, et avoir alors décidé d’y cacher le corps de son épouse.

Reconstitution

Pour les besoins de la reconstitution, des tas de terreau ont été déposés sur cette parcelle à proximité des arbres qui bordent l’un de ses côtés, alors que du ruban plastique rouge et blanc, accroché à des barrières, délimite l’endroit, peut-on voir sur place.

Sécurisation

La gendarmerie du Tarn a indiqué avoir mobilisé environ 150 agents dont deux escadrons de gendarmes mobiles, pour la « sécurisation » de cette deuxième reconstitution, la première ayant eu lieu le 13 décembre 2022. Geste spontané ou prémédité ? 

Culpabilité

Le principal enjeu de cette dernière, maintenant que Cédric Jubillar a admis sa culpabilité, est de tenter déterminer si son geste a été spontané ou préparé, pour éclairer les jurés sur sa peine à l’issue de son procès en appel prévu à Toulouse du 30 avril au 14 mai. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Vérité

Sollicités, les avocats de M. Jubillar n’ont pu être joints. Du côté des parties civiles, « la famille Aussaguel prend acte de la tenue d’une reconstitution qui paraît en effet nécessaire pour tendre vers la vérité », a déclaré à l’AFP Me Laurent de Caunes, avocat des frères et soeur de Delphine.

Mémoire

« Elle reste vigilante et fait confiance à la Justice » et « compte sur le respect dû à la mémoire de Delphine, a-t-il ajouté.

Avocat

Interrogé par l’AFP, Me Philippe Pressecq, avocat d’une cousine de la victime, regrette de son côté que la reconstitution se fasse en journée, estimant que « ce qui s’est passé à l’extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c’est une évidence ».

 

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